Le Mont – Blanc et les autres Monts…

Violé de tous les côtés le Mont-Blanc, et même dessous et dessus : un tunnel autoroutier international à haut trafic, ça ne se voit pas mais ça se sent ; des avions de lignes qui se croisent au-dessus, déversent des tonnes d'imbrûlés sur les neiges éternelles, comme si ils ne pouvaient pas se croiser 50 km plus loin, ce serait une base militaire, il y a longtemps que le survol en serait interdit. Dessus et sur les côtés ? Des téléphériques en service, d'autres qui ne l'on jamais été, et pourtant des vestiges sont toujours là, les familles héritières des finances de ces essais avortés sont encore là aussi, on pourrait les contraindre à nettoyer le terrain. Des refuges tout autour…c'est presque ce qu'il y a de moins laid ( hormis la foule que cela attire )en comparaison de l'horreur érigée au sommet de l'Aiguille du Midi…Devant ce désastre, les querelles de surpitonnage font vraiment figure de parents pauvres, dans tous les sens du terme, car, certes, cela draine un peu de business ce pitonnage : journées de Ç Manards È de la perceuse,  kilos de  quincaillerie et vente de pléthoriques topos-guides ; mais cela n'a rien à voir avec les tonnes de fric que rapportent les télés, les remontées mécaniques et les refuges hôtels restaurants !
Eh bien oui, là est l'excuse à toutes ces horreurs : le fric que cela rapporte ! Toutes les causes, y compris les plus nobles, même les plus humanitaires s'inclinent devant le Dieu Fric. Le fric est la suprême excuse de l'humanité, mais ce n'est pas une raison suffisante pour suspendre la lutte ; on nous a déjà dit cela avant toutes les guerres, devant toutes les invasions et tous les génocides, le fric excuse tout ! Tout les responsables s'inclinent et se taisent ! Mais ceux qui se taisent sont des lâches ; quand il s'agit d'écologie ce n'est pas extrêmement immédiatement grave. Ceux qui se taisent ont un chewing-gum en guise de conscience.
Mais, revenons à la montagne en général et au Mont-Blanc en particulier : on les a BANALISES ( et ALIBISES si je puis me permettre ), partant de ce constat il n'y a plus de limites et on se trouve toujours un prétexte : la montagne ne se mérite plus, tout le monde y a droit, comme si le droit pouvait s'appliquer à la montagne comme aux ALLOCS…
Les marchands de fric prennent prétexte de ce droit à la montagne pour faire tout ce qu'ils projettent en matière de rentabilité : devant des arguments imparables presque tout le monde se tait ; la conscience chewing-gum se met en état d'alerte-sommeil.
Mais bon-sang, il n'y a pas plusieurs consciences dans un être, et si elle dort face aux horreurs des despotes, elle dort encore mieux face à un projet de télé ; il n'y a guère que pour les intérêts personnels directs qu'elle cligne un  Ïil, mais encore faut-il que la menace soit vraiment directe et à court terme. Je rêve d'êtres humains entiers, qui se dressent spontanément, ensemble, sans concertation, pour faire barrière au MAL…
Pour notre Mont-Blanc, le problème n'est pas nouveau, et la constante est la dispersion et l'opposition des intérêts : Chamonix contre ST Gervais, la France contre l'Italie ou la suisse ; jamais le Mont-Blanc ne sera déclaré site classé et protégé, sauf si l'EUROPE s'en occupe…quant on voit qu'une Ç directive de Bruxelles È contraint sans délai les intérêt économiques les plus forts à respecter une autre manière de faire, on espère que pour le Mont-Blanc et la montagne en général, Bruxelles se montre aussi convaincante et autoritaire.
Il faut que le CAF, le GHM, la FFME décident de porter l'affaire du Mont-blanc devant les instances européennes, il n'y a que l'Europe qui saura réussir ce que les relations bilatérales n'ont jamais pu faire depuis presque un siècle.
Les médias doivent nous aider pour cela et nous ne devons  pas  nous perdre dans les détails ( le pitonnage par exemple ), il faut frapper haut et fort sur l'ensemble. Quand le Mont-Blanc sera classé, tous les problèmes de détail se résoudront d'eux-mêmes. Pour classer le Mont-Blanc, il n'y a rien à inventer, les modèles et les jurisprudences existent, il n'y a qu'à regarder ce qui se passe dans les parcs nationaux. Jusqu'à ce jour, les discussions à propos du Mont6Blanc sont des chamailleries d'Etats adolescents qui ne pourront jamais se mettre d'accord sans la poigne d'un roi Salomon. Alors, que le Salomon Européen se dresse et agisse ; pour une fois il s'agira de quelque chose d'utile.

Jean-Pierre Frésafond